« Il ne me reste que la moitié » est la phrase la plus fréquente chez les freelances tech. Le problème n'est pas tant le montant que le fait de ne pas savoir où est parti le reste. Reprenons le trajet dans l'ordre.
Pourquoi l'écart paraît toujours plus grand qu'annoncé
Parce que les offres ne parlent pas toutes de la même chose. Certaines annoncent un taux avant imposition personnelle, d'autres après. Certaines comptent les frais de gestion dans le calcul, d'autres les sortent. Certaines intègrent la mutuelle et la prévoyance, d'autres les laissent à votre charge.
Résultat : deux offres affichant le même pourcentage peuvent produire des situations très différentes. La seule façon de comparer est de ramener tout le monde au même périmètre.
Les quatre postes à identifier
1. Les frais de gestion
C'est la rémunération de la structure. Ils sont en général exprimés en pourcentage du chiffre d'affaires. La question à poser n'est pas seulement le taux, mais ce qu'il couvre : facturation, recouvrement, contrats, support, outils, assurance.
2. Les cotisations sociales
C'est presque toujours le poste le plus lourd, et c'est aussi celui qui achète quelque chose : chômage, retraite, santé, prévoyance. Un modèle qui affiche un net très élevé en supprimant ces droits ne vous a pas fait gagner de l'argent, il vous en a fait reporter le coût.
3. L'imposition
Elle dépend de la nature du revenu. Un salaire, une quote-part BNC et un revenu BIC ne suivent pas le même chemin fiscal. C'est précisément ce que le modèle multi-flux exploite : répartir plutôt que tout concentrer sur la conversion la plus coûteuse.
4. Les frais professionnels
Matériel, déplacements, logiciels, formation. Selon le cadre, ils sont déductibles, forfaitisés ou simplement à votre charge.
Comment comparer deux offres honnêtement
Une grille de quatre questions suffit à éliminer la majorité des malentendus.
| Question à poser | Pourquoi elle compte |
|---|---|
| Le taux annoncé est-il avant ou après imposition personnelle ? | C'est l'écart le plus fréquent entre deux annonces |
| Que couvrent exactement les frais de gestion ? | Un taux bas qui exclut le recouvrement coûte plus cher |
| Quels droits sociaux sont conservés ? | Un net plus élevé sans chômage n'est pas un gain |
| Sur quoi repose juridiquement le montage ? | Rescrit fiscal, rescrit social, ou simple interprétation ? |
Un rendement qui ne s'explique pas ligne par ligne n'est pas un rendement. C'est une promesse.
Combien vous resterait-il, dans votre cas ?
Une simulation personnalisée, poste par poste, avant toute décision. Réponse d'un conseiller dédié sous 24 h ouvrées.
Le cas du portage entrepreneurial
En portage entrepreneurial, le chiffre d'affaires n'est pas converti en une seule fois. Il est réparti entre un flux salaire, un flux BNC via la société en participation et un flux BIC adossé au calcul IA. C'est cette répartition qui permet de viser jusqu'à 75% du CA cumulé, tout en conservant les droits sociaux attachés au CDI.
Pourquoi le portage entrepreneurial change le calcul
Ce n'est pas un tour de passe-passe : chaque flux a sa fiscalité propre, publique et documentée. Ce qui est propriétaire, c'est l'architecture qui les fait cohabiter, et elle est encadrée par des rescrits fiscaux et sociaux.
Passer du principe à votre cas
Ces pourcentages sont des repères. Votre situation réelle dépend de votre volume d'activité, de votre foyer fiscal, de vos autres revenus et de vos projets. C'est pour cela qu'une simulation personnalisée est faite avant toute décision, et qu'aucun chiffre ne devrait vous être garanti avant.
La bonne façon d'utiliser une simulation : la demander à deux acteurs différents, avec les mêmes hypothèses, et comparer poste par poste plutôt que sur la ligne finale.
