La plupart des freelances tech ne se posent qu'une question au moment de choisir leur structure : combien il reste à la fin du mois. C'est légitime, mais c'est incomplet. La vraie question est ailleurs : que fait votre chiffre d'affaires avant d'arriver sur votre compte ? Dans la quasi-totalité des statuts, il ne fait qu'une seule chose. Le portage entrepreneurial lui en fait faire trois.
Le problème : un CA, une seule sortie
Micro-entreprise, SASU, portage classique : quel que soit le véhicule, le schéma est toujours le même. Vous facturez, la structure prélève, vous percevez un revenu. Une entrée, une sortie. Ce modèle fonctionnait tant que l'activité d'un freelance tech se résumait à vendre des jours de mission.
Ce n'est plus le cas. Un architecte cloud ou un ingénieur MLOps produit aujourd'hui bien autre chose que des jours facturés : de la formation, du coaching, des side-projects, du code réutilisable, de la propriété intellectuelle, parfois une contribution à de l'infrastructure de calcul. Chacune de ces sources a sa propre logique fiscale et sociale. Les faire toutes passer par le même tuyau, c'est accepter de les traiter toutes de la manière la moins favorable.
Le TJM reste la base. Il n'est plus la seule chose que vous produisez.
Le principe du portage entrepreneurial : un CA, trois destinations
Le portage entrepreneurial ne cherche pas à augmenter votre TJM. Il change ce que votre chiffre d'affaires devient une fois encaissé. Au lieu d'une conversion unique en salaire, il est réparti entre trois flux qui coexistent dans un même cadre juridique français.
- Un flux salaire, versé dans le cadre d'un CDI, qui porte l'intégralité de vos droits sociaux.
- Un flux BNC (bénéfices non commerciaux), versé via la société en participation dont vous êtes associé.
- Un flux BIC (bénéfices industriels et commerciaux), adossé à la location de l'infrastructure de calcul du groupe.
Aucun de ces trois flux n'est exotique. Ce sont trois catégories de revenus parfaitement standard en droit français. Ce qui est propriétaire, c'est l'architecture qui permet de les faire cohabiter proprement pour une même personne, sur un même chiffre d'affaires.
Flux 1 : le salaire, et les droits qui vont avec
Le premier flux est le plus classique, et c'est volontaire. Vous êtes titulaire d'un contrat de travail réel. Pas d'un statut hybride, pas d'une convention sui generis : un CDI, avec les conséquences qui en découlent.
- Assurance chômage : vous cotisez et vous ouvrez des droits.
- Retraite de base et complémentaire : vos trimestres et vos points continuent de courir.
- Mutuelle et prévoyance d'entreprise.
- Bulletins de paie, donc un revenu lisible par une banque ou un bailleur.
Ce dernier point est sous-estimé. Beaucoup d'indépendants très bien rémunérés découvrent au moment d'un dossier de prêt que trois années de bilans valent moins qu'un contrat de travail. Le flux salaire règle ce sujet.
Flux 2 : le BNC, versé via la SEP
Le deuxième flux passe par une société en participation, souvent abrégée SEP. C'est une société prévue par le code civil, non immatriculée, dans laquelle vous entrez comme associé aux côtés de Launchpad. Elle n'a ni greffe, ni Kbis, ni comptabilité à déposer de votre côté.
La quote-part de résultat qui vous revient est imposée dans la catégorie des bénéfices non commerciaux. Elle ne supporte pas les mêmes prélèvements qu'un salaire, ce qui explique une part importante de l'écart de rendement observé avec un schéma à flux unique.
La SEP n'est pas une structure que vous créez, ni que vous gérez. Vous en êtes associé. Aucune formalité d'immatriculation, aucune déclaration de société à votre charge. Nous détaillons son fonctionnement dans notre article consacré à la SEP.
Flux 3 : le BIC, adossé au calcul IA
Le troisième flux est celui qui surprend le plus, parce qu'il ne ressemble à rien de ce que propose un statut classique. Le groupe exploite une infrastructure de calcul louée à des startups et à des entreprises du secteur de l'intelligence artificielle. Une partie de votre chiffre d'affaires est investie sur la rente de location de ces machines.
Ce que cela produit est un revenu de nature commerciale, donc imposable en BIC. Et ce que cela produit surtout, c'est un changement de nature : vous ne recevez plus seulement un revenu, vous devenez copropriétaire d'un actif. Un actif qui continue d'exister l'année suivante, indépendamment du nombre de jours que vous aurez facturés.
C'est la différence entre gagner de l'argent et en accumuler. Nous développons ce point dans Du revenu au patrimoine.
À quoi ressemble la répartition en portage entrepreneurial
La ventilation exacte dépend de votre situation : niveau de CA, charge de famille, autres revenus, projets en cours. À titre indicatif, l'architecture vise l'équilibre suivant.
| Flux | Part indicative | Nature | Ce que ça vous apporte |
|---|---|---|---|
| Salaire (CDI) | 35% | Traitements et salaires | Droits sociaux complets, revenu bancable |
| SEP | 55% | BNC | Le gros du rendement |
| Calcul IA | 10% | BIC | Copropriété d'un actif durable |
| Total net visé | jusqu'à 75% | du CA cumulé | Un seul cadre, une seule interface |
Ces pourcentages sont des repères, pas une promesse. Une simulation personnalisée est réalisée avant toute décision, et c'est elle qui fait foi.
Combien vous resterait-il, dans votre cas ?
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Ce qui sécurise le portage entrepreneurial
Un schéma à trois flux n'a d'intérêt que s'il tient. Deux éléments encadrent celui-ci.
Les rescrits
Un rescrit est une prise de position formelle de l'administration sur une situation donnée. Le portage entrepreneurial de Launchpad s'appuie sur un rescrit fiscal et un rescrit social. Ce ne sont pas des interprétations maison : ce sont des réponses écrites de l'administration, opposables.
Le périmètre français
Tous les flux restent en France. Aucun passage par une structure étrangère, aucune facturation depuis un autre pays. C'est un choix assumé, et c'est aussi ce qui rend le schéma explicable à un banquier, à un comptable ou à un conjoint.
Le détail de ces deux garde-fous est dans Rescrit fiscal et rescrit social.
Le portage entrepreneurial est-il fait pour vous ?
Le portage entrepreneurial s'adresse aux profils IT qui se comportent déjà comme des entrepreneurs : architectes cloud, ingénieurs data, ingénieurs MLOps, experts cybersécurité, développeurs IA, spécialistes de l'infrastructure de calcul.
Le critère n'est pas seulement le TJM. C'est la posture : structurer des apports d'affaires, co-construire des produits, capitaliser sur son expertise plutôt que facturer des jours jusqu'à la retraite. La plateforme est sélective, avec un nombre de places limité à chaque ouverture. La sélection porte sur l'expertise technique, le track record et cette posture entrepreneuriale.
Chez Launchpad, ce cadre porte le nom commercial d'Entrepreneur+. Le lancement officiel est prévu au troisième trimestre 2026, avec un déploiement progressif. S'inscrire à la liste d'attente n'engage à rien.
