On demande depuis toujours aux indépendants de choisir : la liberté ou la protection. Ce compromis n'a rien d'une fatalité, c'est simplement la conséquence des statuts disponibles. Voici ce que chaque droit vaut réellement, et ce qu'il coûte de le perdre.
Le compromis qu'on vous demande d'accepter
Passer indépendant, dans la plupart des cadres, revient à renoncer à plusieurs choses en même temps : l'assurance chômage, une partie de la retraite, la prévoyance d'entreprise, et la simplicité d'un revenu lisible par une banque.
Ce renoncement est rarement chiffré au moment de la décision. Il le devient plus tard : lors d'un intercontrat, d'un arrêt de travail, ou d'un dossier de prêt immobilier.
L'assurance chômage
C'est le droit le plus souvent perdu, et le plus difficile à remplacer. Un président de SASU ne cotise pas à l'assurance chômage. Un micro-entrepreneur non plus, en dehors de dispositifs très limités.
Pour un freelance tech, le risque n'est pas théorique : il s'appelle intercontrat. Une mission qui s'arrête, un client qui gele ses budgets, et le revenu s'interrompt. Dans un cadre reposant sur un CDI, vous continuez d'ouvrir des droits dans les conditions de droit commun.
La retraite
La retraite est un sujet à effet retard, ce qui la rend facile à négliger. Les régimes ne se valent pas : validation de trimestres, acquisition de points de retraite complémentaire, tout dépend de la nature du revenu perçu.
Un revenu qui n'est pas un salaire ne produit pas mécaniquement les mêmes droits qu'un salaire. Un modèle qui conserve un flux salaire préserve cette mécanique, ce qui est un arbitrage volontaire dans la répartition.
Santé, prévoyance, arrêt de travail
La prévoyance est le droit le plus sous-estimé. Elle couvre l'incapacité, l'invalidité et le décès, c'est-à-dire exactement les situations où un indépendant sans couverture bascule le plus vite.
- Mutuelle d'entreprise, avec la part employeur qui va avec.
- Prévoyance collective, généralement plus favorable qu'un contrat individuel à garanties équivalentes.
- Indemnisation des arrêts de travail selon le régime applicable.
Combien vous resterait-il, dans votre cas ?
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Le sujet dont personne ne parle : la banque
Un freelance très bien rémunéré mais sans contrat de travail peut se voir refuser un prêt qu'un salarié gagnant moins obtiendra sans discussion. Ce n'est pas une question de solvabilité, c'est une question de lisibilité du dossier.
Disposer de bulletins de paie et d'un CDI change concrètement la nature de la conversation avec un établissement prêteur. C'est un bénéfice rarement mis en avant, et souvent décisif.
Un droit social ne coûte cher qu'au moment où l'on découvre qu'on ne l'a plus.
Ce que change le portage entrepreneurial dans l'équation
Comparer deux offres sur le seul pourcentage de net revient à ignorer la valeur de ces droits. Un modèle qui affiche un net supérieur en supprimant chômage, retraite et prévoyance ne vous a pas fait gagner de l'argent : il vous a transféré un risque.
Le choix assumé du portage entrepreneurial
C'est le raisonnement qui sous-tend le premier flux du portage entrepreneurial. Une part du chiffre d'affaires reste convertie en salaire, volontairement, parce que c'est ce qui maintient l'ensemble des droits attachés au CDI. Le reste de la répartition va chercher le rendement.
Le détail est expliqué dans 1 chiffre d'affaires, 3 flux de revenus.
