Rupture conventionnelle, licenciement, démission : les trois sorties n'ouvrent pas les mêmes droits. Et pour tout contrat qui se termine à compter du 1er septembre 2026, la plus utilisée en ouvre 92 jours de moins.
Cette page informe, elle ne promet aucun droit. Chaque chiffre cité renvoie au texte officiel qui le porte, avec sa date. Les règles de l'assurance chômage changent souvent, et l'une d'elles change au 1er septembre 2026. Votre situation personnelle se tranche avec France Travail, pas avec un site d'entreprise, le nôtre compris.
La peur qui bloque la plupart des salariés qui veulent passer consultant n'est presque jamais la peur de ne pas trouver de mission. C'est celle de sauter sans filet : perdre le chômage, se retrouver sans rien pendant six mois, découvrir trop tard qu'on a signé la mauvaise porte.
Cette peur est raisonnable, parce qu'il existe effectivement une erreur irrattrapable, et une seule. Nous la donnons tout de suite : si vous démissionnez, la démarche qui vous ouvre des droits doit être engagée avant la démission. Faite après, elle n'est pas recevable, et rien ne la rattrape. Le reste se répare, s'arbitre ou se calcule.
Le droit à l'allocation d'aide au retour à l'emploi, l'ARE, ne dépend pas de ce que vous allez faire ensuite. Il dépend de la façon dont votre contrat se termine.
| Fin de contrat | Ouvre l'ARE | Durée maximale, moins de 55 ans | Le point à connaître |
|---|---|---|---|
| Rupture conventionnelle individuelle | Oui | 456 jours, soit environ 15 mois, si le contrat se termine à compter du 1er septembre 2026 | C'est la seule sortie qui subit un plafond spécifique à compter de cette date |
| Licenciement, y compris pour motif économique | Oui | 548 jours, soit 18 mois | Si le motif est économique, l'entreprise doit vous proposer le contrat de sécurisation professionnelle |
| Démission | Non, sauf cas prévus | 548 jours si le cas prévu s'applique | La démission-reconversion se prépare avant de démissionner, jamais après |
Les durées ci-dessus sont les plafonds. Votre durée réelle dépend de ce que vous avez travaillé : elle ne peut pas dépasser le nombre de jours travaillés sur la période de référence, dans la limite du plafond de votre tranche d'âge.
Si vous êtes licencié pour motif économique, toute entreprise de moins de 1 000 salariés, ainsi que toute entreprise en redressement ou en liquidation quel que soit son effectif, doit vous proposer le contrat de sécurisation professionnelle.
Ce n'est pas un détail administratif, c'est financièrement le meilleur régime des trois. Avec au moins un an d'ancienneté, l'allocation de sécurisation professionnelle est égale à 75 % de votre salaire journalier de référence, pendant 12 mois. À titre de comparaison, l'ARE se situe nettement en dessous pour la plupart des salaires cadres. Le CSP prévoit en plus une prime de reclassement égale à 50 % des droits restants si vous reprenez un emploi d'au moins six mois avant la fin du dixième mois.
Cette prime mérite d'être regardée de près quand on vise le portage : reprendre une activité tôt cesse d'être une perte sèche de droits.
C'est la modification la plus importante de l'année pour qui envisage de partir, et elle vise précisément la sortie que les cadres utilisent le plus.
Pour les ruptures conventionnelles individuelles, la durée maximale d'indemnisation est plafonnée séparément du régime général :
| Âge à la fin du contrat | Régime général | Rupture conventionnelle individuelle à compter du 1er septembre 2026 | Écart |
|---|---|---|---|
| Moins de 55 ans | 548 jours, 18 mois | 456 jours, environ 15 mois | 92 jours de moins |
| 55 et 56 ans | 685 jours, 22,5 mois | 624 jours, environ 20,5 mois | 61 jours de moins |
| 57 ans et plus | 822 jours, 27 mois | 624 jours, environ 20,5 mois | 198 jours de moins |
Une lecture du tableau, pour ne pas se tromper de colonne. Le nouveau plafond ne connaît que deux tranches : moins de 55 ans, et 55 ans et plus. C'est le régime général qui en distingue trois, et c'est pour cette raison que l'écart n'est pas le même à 56 ans qu'à 58 ans. Outre-mer, hors Mayotte, les plafonds sont de 608 jours avant 55 ans et de 913 jours à partir de 55 ans.
Le déclencheur n'est pas celui que tout le monde croit. Ce n'est ni la date de signature de la convention, ni la date de son homologation. L'Unédic est explicite : seule la date de fin de contrat de travail fixée par la convention de rupture est prise en compte.
Concrètement, une convention signée en juillet dont la fin de contrat tombe au 15 septembre relève du nouveau plafond. Une convention signée fin août dont la fin de contrat tombe au 31 août relève de l'ancien. Si vous êtes en train de négocier, c'est la ligne « date de fin du contrat » qu'il faut regarder, pas le calendrier des signatures.
Deux précisions utiles. Les ruptures conventionnelles collectives ne sont pas concernées par ce plafonnement. Et le plafond ne réduit pas le montant de votre allocation, seulement le nombre de jours pendant lesquels elle peut être versée.
Ce que ça change pour un projet de consultant. Quatre-vingt-douze jours, c'est trois mois de piste d'atterrissage en moins pour trouver sa première mission. Ce n'est pas une raison de renoncer, c'est une raison de ne plus compter sur le chômage comme sur un matelas de dix-huit mois. La question n'est plus « combien de temps puis-je tenir sans facturer », elle devient « à quelle date ma première facture part ».
Entre la fin de votre contrat et votre première allocation, trois délais s'additionnent. C'est la deuxième source d'angoisse, et souvent la plus exagérée.
Le chiffre qui remet les choses à leur place : selon l'Unédic, 65 % des allocataires qui ouvrent un droit après une rupture conventionnelle n'ont aucun jour de différé spécifique. Autrement dit, dans deux cas sur trois, l'indemnité négociée ne dépasse pas le minimum légal et ce différé ne s'applique pas du tout.
Le calcul mérite quand même d'être fait avant de signer, parce qu'il crée un arbitrage réel : une indemnité supra-légale plus grosse peut repousser le premier versement de plusieurs semaines. Ce n'est pas une raison de la refuser, c'est une raison de savoir ce qu'elle décale.
C'est ici que la plupart des pages du marché deviennent vagues, alors que la règle est écrite et vérifiable.
France Travail le formule sans ambiguïté : le salarié porté est lié à sa société de portage par un contrat de travail, et il bénéficie de l'accès à l'assurance chômage. Vous cotisez comme n'importe quel salarié. Les mois travaillés en portage comptent pour ouvrir un droit, ou pour le recharger.
C'est la différence de fond avec la micro-entreprise et avec la société dont vous seriez le dirigeant assimilé salarié : dans ces deux cas, vous ne cotisez pas à l'assurance chômage, et le temps passé ne construit aucun droit.
Vous pouvez percevoir une partie de votre ARE tout en facturant vos premières missions en portage. Le calcul se fait chaque mois, et il tient en une phrase : France Travail retire 70 % de votre salaire brut du montant mensuel de votre allocation, et verse la différence.
Deux garde-fous encadrent ce cumul. Le total, salaire plus allocation, ne peut pas dépasser votre salaire brut antérieur, celui qui a servi à calculer votre allocation. Et surtout, les jours d'allocation non versés ne sont pas perdus : ils sont reportés à la fin de votre droit.
Cette dernière phrase est celle qui devrait débloquer la plupart des projets. Démarrer petit en portage ne brûle pas vos droits, cela les étale. Un consultant qui facture la moitié d'un mois consomme moins de jours qu'un consultant qui ne facture rien, et il garde le reste pour plus tard.
L'ARCE, l'aide à la reprise ou à la création d'entreprise, convertit 60 % de vos droits restants en capital, versé en deux fois. Elle est très citée dans les contenus destinés aux indépendants. Elle suppose trois conditions cumulatives : avoir créé ou repris une entreprise, percevoir l'ARE, et justifier de l'ACRE.
Le portage ne remplit pas la première. Ce n'est pas une création d'entreprise, c'est un contrat de travail. Sans création, pas d'ACRE, et sans ACRE, pas d'ARCE.
Dit comme ça, cela ressemble à une mauvaise nouvelle. Regardé de près, c'est surtout un arbitrage différent. L'ARCE prend une partie de vos droits et vous la donne en capital. Le cumul allocation-salaire garde vos droits entiers et les étale dans le temps. Le premier convient à qui a besoin de trésorerie immédiate pour financer un lancement. Le second convient à qui veut un revenu régulier pendant qu'il constitue son portefeuille de clients.
Ce qui compte, c'est de savoir laquelle des deux mécaniques s'applique à votre situation avant de choisir votre statut, et pas au premier rendez-vous à France Travail.
La démission n'ouvre pas de droit au chômage. Il existe une exception, le dispositif de démission pour reconversion professionnelle, et elle est très encadrée.
Une honnêteté nécessaire, parce que peu de sites la font. Le dispositif n'accepte que deux types de projet : suivre une formation, ou créer et reprendre une entreprise. Le portage n'entre dans aucune des deux catégories. Il ne constitue donc pas, en lui-même, un projet de reconversion éligible.
Si votre reconversion comporte une formation ou une création et que le portage n'est que la façon dont vous comptez exercer ensuite, la question mérite d'être posée à votre conseiller en évolution professionnelle. Mais elle se pose à lui, et elle se pose avant la lettre de démission.
Quatre gestes, dans cet ordre. Les trois premiers se font pendant que vous êtes encore en poste.
Le quatrième point est celui sur lequel nous pouvons vous aider. Nous ne sommes ni France Travail ni votre avocat : nous ne trancherons pas votre rupture. En revanche, savoir ce qu'il vous reste réellement à la fin du mois en tant que consultant, c'est ce que nous chiffrons tous les jours.
Oui. France Travail rappelle que le salarié porté est lié à sa société de portage par un contrat de travail et qu'il bénéficie de l'accès à l'assurance chômage. Vous cotisez comme n'importe quel salarié, et les périodes travaillées en portage comptent pour ouvrir ou recharger un droit.
Oui, c'est le régime du cumul allocation-salaire. Chaque mois, France Travail retire 70 % de votre salaire brut du montant mensuel de votre allocation et verse la différence. Le total salaire plus allocation ne peut pas dépasser votre salaire brut antérieur. Les jours d'allocation non versés ne sont pas perdus : ils sont reportés à la fin de votre droit.
Non. L'ARCE suppose trois conditions cumulatives : avoir créé ou repris une entreprise, percevoir l'ARE, et justifier de l'ACRE. Le portage n'est pas une création d'entreprise, c'est un contrat de travail, donc il n'ouvre ni l'ACRE ni l'ARCE. Concrètement, l'ARCE se justifie par un extrait Kbis ou une synthèse INPI : un salarié porté n'en a pas, il a un bulletin de paie. Et si vous créez vraiment une société, retenez que depuis le 1er janvier 2026 l'ACRE n'est plus automatique : elle se demande à l'Urssaf dans les 60 jours suivant l'ouverture de l'activité. Le levier du salarié porté, lui, c'est le cumul allocation-salaire.
Ce n'est pas la date de signature qui compte, ni celle de l'homologation. L'Unédic précise que seule la date de fin de contrat de travail fixée par la convention de rupture est prise en compte. Une convention signée en août dont le contrat se termine le 15 septembre 2026 relève donc du nouveau plafond.
Trois délais s'additionnent : le différé lié à votre indemnité de congés payés, un différé spécifique si vous avez touché une indemnité de rupture supérieure au minimum légal, et un délai d'attente de 7 jours calendaires. Le différé spécifique est plafonné à 150 jours, ou 75 jours en cas de licenciement économique. Selon l'Unédic, 65 % des allocataires qui ouvrent un droit après une rupture conventionnelle n'ont aucun jour de différé spécifique.
Le dispositif n'accepte que deux types de projet : suivre une formation, ou créer et reprendre une entreprise. Le portage n'entre dans aucune des deux catégories, donc il ne constitue pas en lui-même un projet éligible. Si votre projet de reconversion en comporte un et que le portage n'est que la façon dont vous l'exercez, la question mérite d'être posée à votre conseiller en évolution professionnelle avant de démissionner.
Toutes les règles citées sur cette page proviennent de sources officielles, consultées le 9 septembre 2026. Nous n'avons repris aucun chiffre trouvé sur un site d'entreprise, y compris de portage. Quand une règle est susceptible de changer, nous donnons sa date d'entrée en vigueur plutôt que de la présenter comme permanente.
Page publiée par Launchpad, SAS immatriculée le 26 février 2026, RCS Versailles. Elle présente des règles générales et ne constitue ni un conseil juridique ni un engagement sur votre situation personnelle. Pour un droit qui vous concerne, l'interlocuteur est France Travail.